Diabolique Sarkozy ?
Jean-François KAHN, alter-mondialiste de salon et bayrouiste, n'a rien trouvé mieux que de traîner un peu davantage dans le caniveau une campagne déjà en mal de vrai débat.
Le débat politique s'articule autour de 2 pôles chacun résumé à un cliché aussi absurde qu'efficace : Ségolène l'idiote contre Nicolas le dangereux. Aaaah, ces journalistes qui font l'élection, à grand renforts de sondages aux intitulés subjectifs !
"Après, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas !"
Il nous avait promis dans son précédent édito une révélation du tonnerre, un séïsme, un acte de courage digne d'un grand reporter chez Pinochet. Somme toute, nous voici avec 15 pages de "on dit" des plus vaseux et dignes des plus mauvais pamphlets politiques. Concrètement injurieux, abyssalement spéculatif.
Certes, il prêche des convertis : Marianne n'est pas le Figaro, c'est même, un peu, le "Minute" de l'extrême-gauche qui pourrait voter au centre. Mais quitte à avoir la nausée, et les mains sales, je préfère encore lire Sartre !
Pour autant, le projet de Kahn sera-t-il efficace ?
C'est à en douter... car c'est too much. Même le plus odieux des brûlots politiques se doit un minimum de mesure s'il veut pouvoir être ingérer et digérer. Or, dans le cas présent, on se demande qu'elle bouche saura s'ouvrir assez grand pour avaler ces 15 pages sans risquer la luxation des maxilaires.
Finalement, Kahn déçoit surtout en tant que pamphleteur : un peu de finesse ! Certes, l'annonce et la Une auront fait vendre du papier. Pour beaucoup, nous l'aurons lu. Il fut un temps cette même gauche se voulait anti-matérialiste. C'est pas beau de vieillir...
Et Sarkozy dans tout ça, qu'en retirera-t-il ? Du mal ? Pas sûr. Force est de constater que celui qui fait l'objet de toutes les fantasmagories totalitaires n'empêche pas une liberté d'expression poussée à son extrême. Il est possible qu'il acquiert ici, avec le temps, une dimension mitterrandienne. François Mitterrand - dont Ségolène peine à récupérer un peu du charisme d'élection - a toujours mis un point d'honneur à ne jamais poursuivre un organe de presse pour quelque outrage que ce fut.
