l'Europe dans la campagne

Publié le par Mandrin

Ca manque quand même un peu d'Europe tout ça.

Désormais, les politiques ne peuvent plus s'envisager sérieusement à la seule échelle nationale. Raisonner efficacement, c'est penser l'articulation des entités régionales au coeur de dynamiques européennes.

L'Europe est cependant devenu une source de malaise. La gauche préfère éviter le sujet afin de ne pas se déchirer, suite à la victoire du NON. La droite et le centre ne rentrent pas davantage que cela dans le vif du sujet, ne sachant précisément quel sens donner au NON, ni comment relancer l'institutionnalisation européenne sans baffouer la volonté nationale exprimée lors du référendum.

Le NON n'a pas eu un sens univoque. Il a traduit des perceptions diverses, tantôt fondées, tantôt débouchant sur des contre-sens. Il y a eu des NON sur le fond, et des NON sur la forme.

Ont dit NON sur le fond, les constitutionnalistes qui ont vu plus qu'une simple constitution dans l'interminable dossier qui a été proposé. Pour beaucoup, il y avait là plus que des outils de gouvernance : il y avait des orientations politiques précises, libérales pour l'essentiel.

Mais, il faut reconnaître aussi des NON de fonds, et de ressentis profonds.

De nombreux Français ont le sentiment que l’Europe ne les protège plus, et qu’elle fait d’eux non des acteurs, mais des victimes de la mondialisation. Or, à l'heure de la mondialisation, l'Union européenne n'est pas un abandon de souveraineté, mais le moyen de sa reconquête. Seule une Europe unie pourra peser sur le cours des évènements.

Ensuite, le rejet de la Constitution témoigne du sentiment profond de nombreux Français selon lequel la politique européenne se décider en-dehors d'eux, au sein d'instances lointaines et opaques. Il est donc impératif de rendre l'Europe plus visible et accessible, et - de la même manière - ses projets institutionnels plus lisibles!

J'ai milité pour la victoire du OUI, mais, l'écoute des arguments du NON - lorsqu'il ne s'agit pas refus de la Turquie ou peur-panique de Bolkenstein, ni même de la crainte d'une délégalisation de l'IVG - font plus que m'interpeller. Je comprends ce NON.

Publié dans Campagne Premier tour

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