Comment durer en politique

Publié le par Mandrin

Belle leçon sur le thème "Comment durer en politique", dimanche soir dernier.

Pour cette leçon, les chaires étaient tenues par deux experts de choix : Jacques Chirac pour le premier chapitre, Nicolas Sarkozy pour le second. Une leçon à contre-pied :

Le Président de la République a voulu délivrer à la Nation un message personnel. Lui, qui avait d'abord entretenu un vague doute sur la possibilité d'une nouvelle candidature présidentielle (il y a eu des gens pour le croire!), afin de ne pas être enterré trop vite, a réalisé un nouveau contre-pied : faire un discours d'adieu, pour continuer à être présent dans la vie politique française. Et ce fut réussi.

On dit souvent que, sur les photos, ce sont les absents - bien plus que les présents - qui font sens. Pour réagir à l'allocution présidentielle, F2 a du se contenter N° 2 de quatre formations politiques, TF1 ayant obtenu les réactions des 4 candidats du peloton de tête de la course à la présidentielle... tous, sauf un ! Nicolas Sarkozy. Empêchement ?

Plutôt effacement volontaire.

D'abord, dans le soucis de ne pas être amalgamé à Jacques Chirac - ce qui lui vaudrait un handicape certain, électoralement - et préserver son image de "rupture".

Ensuite, sans doute Nicolas Sarkozy a-t-il - à la différence de Ségolène Royal - compris que la montée de François Bayrou était effectivement le résultat d'une saturation médiatique des Français à l'égard du duel annoncé Royal-Sarkozy, et qu'il faudrait désormais "se faire désirer" (lui aussi) plutôt que de s'imposer à outrance.

Enfin, il a réservé sa déclaration à France Inter... plutôt qu'a la première chaîne nationale, stigmatisée comme celle du pouvoir, des gros intérêts financiers et de la télévision-poubelle.

Revenons pour terminer sur les intervenants choisis par TF1 et F2. Première remarque : 4 intervenants par chaîne, exit les "petits" partis". Deuxième remarque : le FN était donc présent, car, effectivement, à la lueur des sondages et du scrutin présidentiel de 2002, il s'agit bien d'un des quatre principaux partis de France. Néanmoins, le Parlement national lui reste fermé. Personnellement et politiquement, je pousse là un soupir de soulagement ! Mais, démocratiquement, il y a de quoi étonner, voire choquer. Le parti communiste avait déjà fait les frais d'une telle politique, dès les débuts de la 5è République. Il a été calculé que, suite au charcutage électoral de 1958-1959, un candidat communiste à la députation devait avoir 10 fois plus de voix que ses concurrents pour être élu.

Voici ce qui fait surtout l'élection : découpages électoraux, lois électorales, sondages, médias.

Que disait ce cher Général de Gaulle... ? Ah, oui : "Les Français sont des veaux."

Bien ruralement vôtre !

M.

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