Les "6 Euh..." de François Bayrou

Publié le par Mandrin

La dernière "côte" des éditorialistes, par Profession politique place unanimement Bayrou comme la personnalité politique "en hausse". Faut-il parler d'un effet Bayrou ?

Malgré ses 6 % en 2002, malgré le travail de sappe lamentable de Guignols de l'Info -  le premier leader d'opinion de la France des mineurs bien-pensants - il est encore là. Parce qu'il a tenu, il a inconstestablement gagné en légitimité. Sa campagne 2007 est plutôt bien orchestrée. Sa présence sur le web est très efficace et dynamique : son site web est bon, son image soignée, et les jeunes activites UDF occupent intelligemment la toile ("révolution orange", "alternative orange", etc.). Les sondages le voient percer. Médiatiquement, il souffre néanmoins de l'omniprésence du duel Ségo-Sarko. Il s'en est saisi pour abattre la carte du martyr médiatique. Efficace. Depuis toujours, en France, les héros du public sont les malchanceux qui trébuchent aux pieds des podiums, les Poulidor plutôt que les Anquetil.
 

 

 

 

 

Mais aux dépends de quelles candidatures se fait cette percée ? Alors qu'il réserve depuis 5 ans déjà l'essentiel de ses critiques à l'UMP, il semble que la conjoncture soit plutôt défavorable à la gauche. François Bayrou voulait, naturellement, réunir l'électorat PS affligé par une Ségolène Royal à qui les médias ne laissent rien passer, et l'électorat de droite que l'image donnée au sarkozisme effraie. Cependant, Nicolas Sarkozy est pour l'instant trop "professionnel" pour laisser suffisamment d'espace à la droite du centre, tandis que Ségolène Royal plie sous les bourdes et l'acharnement médiatique. Parce qu'il a d'entrée de jeu affirmé "être de droite", Nicolas Sarkozy peut se permettre de s'ouvrir à l'électorat de gauche et d'extrême-droite sans inquiéter sa base militante et sympatisante. Bien joué, incontestablement.

 

 

 
 

Le PS se retrouve donc entre deux nouveaux feux. Il a toujours été habitué à se définir par rapport à des critiques venues de l'extrême-gauche. Mais on n'entend plus l'extrême-gauche, tant le PS est désormais pris en tenaille par deux adversaires prompts à se saisir des dépouilles que pourrait laisser Ségolène Royal : Bayrou s'en prend à la droite de la gauche, tandis que Sarkozy aurait plutôt tendance à parler à la gauche du PS !

 

 

 
 
Une autre déclaration de candidature attendue faisait trembler la gauche : celle de José Bové. Et pourtant : d'après un sondage CSA/France Europe Express/France Info, la candidature de José Bové aura peu d'influence sur les autres candidats: crédité de 1% des intentions de vote, le leader altermondialiste prend un point à Olivier Besancenot et un autre à Dominque Voynet. Ségolène Royal obtient 27% lorsque Bové est présent sur l'échiquier, contre 26% sans lui. Les scores de tous les autres candidats sont inchangés. (in dépêches :  Le Figaro.fr). 

 

 

Je trouve cette campagne passionnante. Et, pour l'instant, contrairement aux coups de gueules de Jacques Attali, je trouve qu'elle reste se maintien pour l'instant au-dessus du caniveau. Je trouve qu'il prête, à tord, plus d'esprit critique au téléspectateur passif qu'au bloggeur politique.

 

 

Publié dans Campagne Premier tour

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Catherine Guibourg 07/02/2007 23:07

la campagne est passionnante parce que, à 3 mois de l'échéance, tout reste ouvert., et effectivement "le troisième homme" F.Bayrou, pourrait être la surprise. Mais est-elle de bonne qualité pour autant, on peut en douter. Et ce que l'on apprend de l'émission de TF1 hier, pilotée par des consultants à la solde de Sarkozy, n'est pas réconfortant pour la force de notre démocratie.

Mandrin 08/02/2007 21:25

Effectivement, tout reste ouvert... comme toujours ! Les dernières élections ont été autant de leçons à ceux qui voulaient faire un prognostic à 5 mois du premier tour ! De Guy Mollet à Lionel Jospin, en passant par Raymond Barre, Michel Rocard, ou encore Edouard Balladur !