Erreurs de communication - Communications croisées sur la délinquance et l'immigration : le lit d’une dangereuse désinformation.

Publié le par Mandrin

La lutte médiatisée de Sarkozy contre la délinquance, en particulier dans les banlieues, a lieu  en même temps qu’il élabore un concept d’immigration choisie. Le Ministre de l’Intérieur envoie donc aux Français deux messages principaux en même temps, alors même que le racisme ordinaire croise ces deux messages pour n’en faire qu’un seul. La conséquence de cela est - pour tous ceux qui reçoivent passivement les messages des médias (entendez, nous tous) – très probablement un amalgame entre immigré clandestin et insécurité. Pour beaucoup de gens, dès lors,  immigrés =  racailles = danger. L’image de l’immigré clandestin est celle de l’Africain qui se fait reconduire à son pays dans le « charter ». Bien qu’il paraisse évident que ni le président de l’UMP, ni ses adversaires PS ou UDF ne pensent en ces termes, le risque est grand, pour Nicolas Sarkozy, d’instaurer le doute sur ses intentions et ses idées (je trouve que le terme de « racailles » est neutre quand au profil des délinquants, il renvoie à une appellation déterminée et revendiquée par les intéressés). D’autant plus qu’à gauche, ses adversaires politiques travaillent ardemment à la réalisation de cet amalgame tragique : dès lors que le récepteur confond les deux « messages » envoyés, il aboutit à la conclusion selon laquelle Sarko = Le Pen. Le candidat de l’UMP devrait dans les mois à venir soigner sa pédagogie et rappeler aux Français de distinguer ce qu’il ne confond pas lui-même : une politique d’immigration qui anticipe les possibilités d’intégration, indépendante d’une volonté de lutte contre une délinquance sans épiderme, ni origine particulière.

 

 

 J'en veux pour preuve de cet amalgame le texte de ce « clip musical » burkinabais, http://www.dailymotion.com/video/xq7zy_sarkozy-lhongrois-chez-les-gaulois

 

 

Comme la droite, la gauche n’hésite pas à maquiller les intentions de ses adversaires. Souvenez-vous d’Act Up et son affiche « Votez Lepen », sur laquelle, en noir et blanc Nicolas Sarkozy affichait un inquiétant sourire. Pour mémo, Act Up est une association financée par le contribuable et théoriquement a-politique. A quand une affiche avec Ségolène « Votez Adolf » ou encore « Désirs de goulag »?

 

 

 Après des années de « 3 Millions de chômeurs = 3 Millions d’immigrés », nous en sommes en train de basculer dans un discours pire encore selon lequel : « 3 Millions d’immigrés = 3 Millions de délinquants ». Par pitié, que le débat soit posé dans des termes honnêtes ! Que tout candidat qui aborde dans une même communication les thèmes de l’insécurité et de l’immigration commence par rappeler l’évidence selon laquelle c’est la misère sociale qui créé la délinquance. Je ne mets certainement pas en doute l’humanisme et le bon sens des différents leader des partis de gouvernement. Simplement, je souhaite qu’ils n’omettent pas de transmettre à l’opinion publique ce qu’ils considèrent comme une évidence.

 

 

 Plus que l’immigration, ce sont les mots qui devront être choisis, pesés. Le risque est une contre-pédagogie grave de conséquences à l’égard de l’opinion publique. En tentant de flouter les programmes de leurs adversaires, les partis pratiquent une désinformation proprement irresponsable qui risque de fausser les débats d’une part, mais surtout de pousser les suiveurs inconditionnels des chefs et des partis vers des idées extrêmes. Aussi : merci à la gauche de ne pas faire de la droite un repère de fachos ; merci à la droite de ne pas faire de la gauche un ramassis de bornés assistés et laxistes ; merci aux gouvernements de ne pas faire des partenaires sociaux et des citoyens des irresponsables toujours davantage infantilisés!

 

 

 

 

 

Un peu nerveusement il est vrai,

M.

Pour le détour : http://www.assietteaubeurre.org/

 

 

 

 

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