Le « vote utile » - Comme disait Coluche entre une blague belge et une autre suisse…

Publié le par Mandrin

Une seule quasi-certitude aujourd’hui pour avril-mai 2007, si l’on me passe cette faiblesse alarmiste : Le Pen sera bien au deuxième tour. Mais face à qui ?


Est-ce pour autant qu’il faudra écouter nos chères têtes molles- mais bien-pensantes qui nous disent depuis bientôt 5 ans : « votez utile ! ». Je n’en ferai rien, personnellement. Je pense que ce vote utile est une fumisterie, et, comme toute fumisterie qui se respecte, elle nous voilera la face l’espace d’un bien court répit.

  Pourquoi « voter utile » ?  La question, bien que simple, mérite d’être posée. Or, on y répond par une mauvaise réponse : ne pas voir Le Pen au deuxième tour. L’épouvantail poujadiste agit si fort et si bien que ne pas voir le Front National au deuxième tour est devenu une fin en soi. Nous refusons de voir ce que nous refusions de croire un bien triste et froid 21 avril : il y a dans notre pays, des paumés en masse qui viennent désormais se ressourcer dans les ex-flammes bleues-blanches-rouges d’un parti pétri d’une pensée essentiellement raciste et xénophobe. Le deuxième tour des élections présidentielles de 2002 n’a pas démenti le premier, alors que beaucoup cherchaient à parler d’un vote protestataire, « sur un coup de tête » aussitôt regretté : 1 votant sur 5 était alors FN. Le FN jouit donc d’un noyau dur de 20 % d’électeurs environ. Et ce noyau n’a pas baissé, loin de là, suite aux diverses entreprises de légitimation des idées comme du parti en lui-même, via le tf1-isme, le sarkozisme, le dieudonnisme, ou le sergemoatisme, entre autres. 

 Ainsi, peu m’importe ou presque que Le Pen soit au deuxième tour en 2007 : il y aura au deuxième tour ceux pour qui les Français auront massivement voté. Si les Français sont lepenistes, eh bien que cela se sache, que l’on cesse de se voiler le visage. La douleur a été très forte en 2002. Depuis, le deuil ne semble pas avoir été fait par tous. Non pas le deuil d’un Front National au deuxième tour, mais le deuil de la révélation d’un pays qui vote pour son 1/5è pour un parti raciste ; le deuil d’une image qui nous galvanisait tous : celle de la fière patrie des droits de l’Homme qui donnait des leçons de tolérance à toute l’Europe, de l’Autriche de Jörg Haider aux Pays-Bas de Pim Fortuyn, en passant par le Vlaams Block.

 Comme disait Coluche…

La douleur, c’est celle de devoir regarder la France en face, toute la France. On semble découvrir la tentation xénophobe en France. Or, comme disait Coluche du haut du pont de l’Alma, entre une blague sur les Belges et une autre sur les Suisses : « En France, y a quand même moins d’émigrés que… de… racistes, alors moi, vous comprenez, j’aime autant m’engueuler avec les moins nombreux, quoi ! ».

On en vient à souhaiter une candidature De Villiers ainsi que d’une mégrétiste, dans l’espoir de voir se diviser un électorat pourtant plus hétérogène qu’on aime à le penser. Moralité : amis élus de tous échelons locaux ou nationaux, si Mégret vient vous demander une signature, « signez et faites signez », le sort de la République en dépend.

Non, je ne voterai pas utile, à moins que le candidat utile me corresponde plus que les autres.

Alors que nous continuons d’élire nos parlementaires nationaux au scrutin uninominal à deux tours (dernier rempart contre le Front National), le scrutin présidentiel demeure la seule photographie du réel état de l’opinion en France.

Tristement,

M.

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Détente

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Ervalena 22/01/2007 16:28

Et Bayrou? Faut pas faire l'impasse sur lui!!! Il en'est pas négligeable le "petit" Bayrou!!!!