2007 – la fin d'une bataille interne à l'énarchie.

Publié le par Mandrin

Au-delà du « jeune » âge des deux principaux postulant au fauteuil élyséen, la grande nouveauté dans la compétition présidentielle qui se dispute actuellement est la suivante : Sarko n'est pas énarque. Bien entendu, Le Pen non plus. Or, il sera effectivement un concurrent de premier ordre. Cependant, je m'intéresse là aux candidats reconnus par la majorité de la société comme « légitimes » au sein de cette compétition.

 

 

On le sait, les énarques n'ont pas bonne presse, et c'est certainement un argument dans l'ère du temps que ne négligera pas le petit Nicolas. S'il ne compte pas se salir dans une polémique aussi vile, notre flic national en civil laisse le soin de ces menus « scuds » à ses sbires. Au-delà des remarques de son staff, ses partisans élus qui ont la chance de partager cet état de grâce du CV donnent désormais de la voix.

 

 

C'était récemment le cas de Roselyne Bachelot – celle qui était pour que les écologistes puissent se marier entre eux – sur Direct 8. Ah, Direct 8...mais si, vous savez, la chaîne de la TNT sponsorisée par Eco-emballage et Mike Oldfield (si vous êtes pris d'une envie aussi soudaine qu'irrépressible d'écouter Moonlight shadow, allumez donc Direct 8 : la chaîne en a fait son interminable jingle. De quoi regretter les docus animaliers « Imprévu » de feu la Cinquième). Direct 8 donc, récemment décorée du « Gérard » (l'anti- 7 d'or) de la plus mauvaise chaîne de télévision, et vice-présidée par Philippe Labro qui pourra ainsi écrire le tome 2 de son dernier roman autobiographique Tomber sept fois, se relever huit.

 

 

Mais revenons-en à la très sympathique Roselyne B., car oui, elle est sympa Roselyne ! C'est son côté Chirac. Roselyne se faisait donc une fierté de n'être pas énarque, et soulignait que ce mérite était partagé par le candidat UMP (déclaré). Alors, chers amis, permettez moi de procéder ici à une annonce qui va faire grimper ma cote dans le tout Paris et proche banlieue, dans la limite du réseau RER les jours de grève : je ne suis pas énarque ! Tout de suite, ça en impose.

 

 

Bref. Plus sérieusement, au-delà de la rhétorique interne à la compétition électorale, cet enjeu pose des questions plus techniques qui engagent la gestion de la France dans les années à venir. Nous sommes peut-être, en effet, au bord d'une mutation réelle mais invisible de notre gestion politico-administrative. Et si, l'élu de la nation, le politique-Président et ses Ministres basculaient du côté pseudo-clair de la force étatique : et si les énarques disparaissaient du champ politique pour retourner à leurs administrations ? On sait que l'administration fait ce qu'elle veut, que le Ministre et le Directeur de Cabinet qui voudraient imposer totalitairement leurs vues à l'administration - même haute - risqueraient immanquablement le blocage desdites administrations. L'ENA a été créée le 9 novembre 1945 par une ordonnance du Gouvernement Provisoire de la République Française, présidé par De Gaulle. Le projet avait même été élaboré sous l'égide du communiste Maurice Thorez. Or, les professionnels de l'administration qu'elle devait former ont très vite pris les rênes des appareils politiques, au point que l'on peut aujourd'hui se poser la question : la France pourrait-elle être gouvernée en l'absence totale de hauts fonctionnaires aux plus hautes responsabilités gouvernementales ?

 

 

La Vè République a bien survécu au départ de De Gaulle...

 

 

 

 

Publié dans Politique Générale

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