Un autre dimanche en France : de Téléfoot à France Europe Express.

Publié le par Mandrin

 

Deux bonnes raisons de regarder Téléfoot.


    La raison subsidiaire, nous la connaissons : cela ne perturbe pas les neurones un réveil de dimanche. Certes, il y a aussi la messe qui s’invite dans votre lit, si vous avez la flemme de vous montrer à votre paroisse ; mais la messe m’endormirait davantage encore.

    Non, ce dimanche, il y avait bien deux raisons pour je ne veuille pas rater Téléfoot, au-delà de la curiosité ethnologique naturelle qui m’habite. La première était d’entendre le commentaire des indigènes-supporters sur les supporters-holligans du PSG, suite à l’émeute antisémite qui avait abouti à la mort par balles d’un supporter. La seconde : écouter Thuram réagir aux propos de Georges Frêche (diplômé de HEC et professeur d’Histoire du droit) sur la proportions de « blacks » dans l’équipe de France de Football.

    Le PSG, c’était le reportage qu’attendaient tous les téléfooteux ; il a donc fallu attendre la toute fin de l’émission, être tenu en haleine devant des résumés de match soporifiques qui peinaient à construire un enjeu humain au-delà de l’enjeu sportif, pour voir un reportage minimaliste, et un vague choc des images. Mais le plus consternant a été la faiblesse de la condamnation par Monseigneur Gilardi (diplômé de Science Po Paris)- le prêtre de la grand-messe de France beauf : à un moment du reportage, on entendait un supporter expliquer aux journalistes que « Si les résultats sur le terrain étaient là, il n’y aurait certainement pas d’émeutes ». Réaction de T.G. à demi-voix : « c’est vraiment du grand n’importe quoi ». Et ce fut tout…

    Une semaine plus tard, les « supporters » font une marche silencieuse pour honorer la mémoire du jeune tué par balles, allant même jusqu'à dire « qu'il n'est pas mort en vain ». Les journalistes, fort bizarrement, ne furent pas les bienvenus à cette Nazi Parade.


    Second volet : le « penseur en short » VS le « frontiste de gauche ». Thuram est un brillant défenseur... mais les airs de méditations profonde qu’il prend systématiquement pour s’exprimer pour débiter des pensées au raz la pelouse soignée du stade de France, comme de la moquette de Drucker, provoquent chez moi un certain malaise. On peut penser en short, et, à l’inverse, les lunettes et le doigt sur la tempe ne font pas le philosophe. Le contraste entre les attitudes et la réflexion était édifiant. Frêche avait dit dans le cadre d’une « conversation privée » qu’il y avait trop de « blacks » dans l’équipe de France… Réaction de Thuram : « Quand il dit ça… (méditation profonde)... il veut dire que le Noir dégrade la France… (méditation profonde)… ». Pourtant, dire que la sélection de l’équipe de France de Football n’était pas représentative de la population du pays, c'est enfoncer une porte ouverte devant laquelle chacun passe régulièrement. Certes, 80 % de « jeunes » milliardaires issus de l’immigration, ce n’est pas représentatif, dans un pays qui ne laisse comme débouché aux jeunes d’origine émigrée qu’une demi-douzaine de place dans une équipe de foot.
    Mais n'allons pas dédouaner G. Frêche quand il tente volontairement d'ouvrir les bras vers l'électorat raciste. Un homme de gauche n'aborde pas ce problème sous cet angle : si Frêche avait vraiment eu le soucis de la représentativité et de l'égalité des chances, il aurai plutôt dénoncé la sous-représentation des Français issus de l'immigration pigmentée dans les Comités de direction, les instances politiques représentatives, etc. Oui, il faut souligner qu'il s'agit de Français "pigmentés" issus de l'immigration. Les "blancs" issus de l'intégration ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Pour 2007, votons discriminant positivement ! Elisons un jeune issu de l'immigration : Nicolas Sarkozy...


    Mais revenons-en à ce dimanche de France. Réveillé avec Téléfoot, je me suis endormi bercé par un France Europe Express écolo-soft. Face à Jacques Attali, Nicolas Hulot n'était pas de taille. Subtilement, Attali a su faire plâner au-dessus de nos têtes une menace écologiste totalitaire. Le danger le plus immédiat n'est-il pas de voir les arguments de scientifiques en éternels désaccords - partagés entre alarmisme convaincu et optimisme résigné – fonder une raison de nature supérieure même à une raison d'Etat, et qui nous aliénerait au détriment de nos libertés fondamentales ?

 Pour un terrorisme équitable...

    Enfin, les nouvelles du jour : consternation à l'écoute de France Info. Parmi les 2-3 informations clefs du jour diffusées en boucle, la mort de quelques quatre ou sept touristes français au Maroc, dans un accident de bus. Pourquoi la consternation : sur les routes de France, 5 000 personnes meurent chaque année. Quelle particularité a donc cette information venue du Maroc pour faire ainsi la Une ? Le tout, avec moultes informations qui fleurent bon la catastrophe naturelle ou... l'attentat ? Ainsi, par exemple, le numéro de téléphone et le site Internet avec la liste des victimes, pour les familles ; ou encore, les moyens hospitaliers français envoyés au Maroc ; et, pour conclure, une interview du responsable de l'agence de voyage concernée... sept Français décédés dans un accident de la route. Si chaque mort au volant faisait ainsi la une des réseaux d'information grand public, à quoi ressemblaraient nos JT digestifs déjà forts en hémoglobine ?
    Environ une semaine auparavant avait déjà eu lieu un « accident » de ce type, tandis que le Maroc politique commençait à s'inquièter de la montée d'un islamisme, menaçant les urnes. La politique culturelle moderniste de Mohamed VI ne fait pas que des satisfaits. Or, nous savons ce que font les organisations intégristes du Maghreb pour déstabiliser les Etats et générer les conjonctures de crise qui les portent au pouvoir : le terrorisme à l'égard de la première de leur ressources, à savoir le tourisme. Les raffales de balles de Louxor résonnent encore dans les poches de l'Egypte et de ses Tours opérateurs. Même lorsqu'il ne vise pas directement les touristes, le terrorisme lui nuit, par définition. N'oublions pas le FIS. Accidents de la route ou pas, ce qui est sûr, c'est que de tels évènements ne sont pas pour garantir la stabilité politique de ces pays. Si vraiment ce n'était qu'un simple accident de bus, pourquoi nos médias nationaux nourrissent-ils ainsi la psychose touristique au Maghreb ?


    Pinochet va mourir... de vieillesse. Sans commentaire.

Publié dans Détente

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024414206 13/03/2007 00:20

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